Par Patrick Bouvard (RH info) pour KPME
Nous avons vu dans notre première partie qu’un coach compétent est celui qui possède une connaissance approfondie de la nature humaine et de son fonctionnement, aidant son client à progresser dans la connaissance de lui-même et de ses représentations ; à tenir compte de tous les aspects de sa propre réalité, au lieu de se cantonner au seul descriptible extérieur. Nous en traçons cette fois les traits principaux.
Un objet professionnel
Le coaching s’appuie sur la base solide du consulting traditionnel ; il ne peut faire l’impasse d’une analyse claire des modes d’organisation et de structure – avec l’approche système qu’elle implique –, des processus de prise de décisions et des pratiques managériales observables, ainsi que des orientations et contextes stratégiques de l’entreprise au sein de laquelle il intervient. En ceci, il ne s’identifie pas à un accompagnement psychologique et professionnel individuel. Il permet par contre ainsi à son bénéficiaire de ramener les problèmes à leur juste proportion et de ne pas les exacerber ; nombre de problèmes, en effet, n’existent parfois que par l’importance qu’on leur donne.
Une base psychologique
Le coaching est un travail progressif et patient sur notre système de représentations. Il faut bien comprendre cet aspect : ce que nous avons coutume d’appeler notre « conscience » est structuré par un système de représentations, acquis depuis nos origines, au long de notre histoire, de notre formation, de notre expérience, de la manière dont se sont cristallisés nos rapports avec les autres ; nous n'avons d'ailleurs pas une conscience complète de ce système et de la tyrannie qu'il exerce sur notre pensée et sur notre imagination, sur nos affects et sur nos sentiments et par conséquent sur les conditions de notre créativité… et partant sur celle de nos collaborateurs. La créativité – ou même un simple renouvellement de notre façon de voir les choses – nous oblige en effet à recevoir, regarder ou concevoir des "choses" qui outrepassent, voire contredisent absolument notre système. Et comme c'est à partir de ce système que nous jugeons spontanément, cette contradiction peut devenir en nous, à notre insu, un véritable obstacle. Le coaching vise à une « prise de conscience », à une « perception » des réalités internes et externes qui président aux orientations, choix et décisions que nous prenons. Permettant de regarder l’obstacle pour ce qu’il est, il permet ainsi souvent de le franchir. Tout au moins nous permet-il de nous mettre en face d’un choix, là où nous n’en avions pas.
Un objectif d’efficacité
Le coaching est un rééquilibrage des fonctions qui président au fonctionnement de la nature humaine dans son ensemble : l’intégration de la réalité ; la motion de l’imaginaire ; la transcendance du symbolique. Or nous vivons dans des entreprises où la seule contrainte de réalité économique et l’exigence de résultat prétendent guider l’agir des hommes. Le système a montré ses limites : comment motiver et fidéliser, comment appeler à une créativité des professionnels que l’on a amputés – sous la contrainte incontournable du marché – des deux tiers de ce qu’ils sont, des deux tiers de ce à partir de quoi ils « fonctionnent » ? Comment surmonter cette contradiction grandissante et handicapante pour n’importe quelle personne humaine ?
Voilà quelques questions auxquelles le coaching prétend apporter, sinon une réponse, du moins une ouverture.
Les bénéfices en sont alors certains.